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Vieille carte cassinni Rhone
Dégustations

Les villages de la Vallée du Rhône – 2002

“Les premiers vignobles de la vallée du Rhône septentrionale se trouvent à Ampuis, à 35 km au sud de Lyon, là où le fleuve turbulent surgit entre les coteaux pentus. C'est à cet endroit, sur la rive occidentale, que se trouve le berceau de la Côte-Rôtie. L'autre limite de cette région viticole se situe à Valence, 200 km plus loin. Entre ces deux points, le Rhône baigne, outre une aire de production de Côtes-du-Rhône génériques, huit appellations importantes. Seules celles d'Hermitage et de Crozes-Hermitage sont situées sur la rive orientale. Toutes les autres – Côtes-Rôtie, Condrieu, Château-Grillet, Saint-Joseph, Cornas et Saint-Péray – sont sur l'autre berge. Cornas et la Côte-Rôtie ne donnent que des vins rouges, tandis que Condrieu, Château-Grillet et Saint-Péray sont exclusivement voués aux blancs. On ne trouve curieusement que fort peu de vins rosés dans cette partie de la vallée du Rhône, si ce n'est dans certaines aires de production de vins génériques. Une des particularités de la vallée du Rhône septentrionale tient à l'implantation de ses meilleurs vignobles sur les flancs des coteaux pentus et granitiques qui surplombent le fleuve aux endroits où il est le plus dangereusement profond et coule le plus rapidement. Cette région offre pléthore de vins de styles et de niveaux de qualité très différents. On y trouve des Côte-Rôtie et des Hermitage aussi riches et complexes que les premiers crus du Bordelais ou les meilleurs crus de Bourgogne, ainsi que des Condrieu étonnamment aromatiques et exotiques, qui comptent au nombre des vins les plus rares et les plus agréables au monde . Les Cornas affichent quant à eux un caractère massif et dense jusqu'ici inégalé.”
Vin N°

Vin de Pays des Cévennes Viognier 2001

Domaine de la Grande Olivette
Fiche de dégustation Vin de Pays des Cévennes Viognier 2001
Vin N°

Côte du Rhône Village 2001

Domaine de VENTAJOL
Fiche de dégustation Côte du Rhône Village 2001
Vin N°

Coteaux du Tricastin 1999 Château des Estubiers

M. CHAPOUTIER
Fiche de dégustation Coteaux du Tricastin 1999 Château des Estubiers
Vin N°

NATURE Côtes du Rhône 1999

Domaines PERRIN
Fiche de dégustation NATURE Côtes du Rhône 1999
Vin N°

HERMITAGE La Sizeranne 1996

M. CHAPOUTIER
Fiche de dégustation HERMITAGE La Sizeranne 1996
Vin N°

Crozes Hermitage 1999

Alain GRAILLOT
Fiche de dégustation Crozes Hermitage 1999
Vin N°

Rasteau "Confiance" 1998

Domaine de la Soumade
Fiche de dégustation Rasteau
Vin N°

Cairanne "Cuvée L'Ebrescade" 1999

Domaine Marcel Richaud
Fiche de dégustation Cairanne
Vin N°

Côtes du Rhône "Syrah" 1999

Château Fonsalette
Fiche de dégustation Côtes du Rhône

Les vins ont tous été dégustés à l’aveugle et dans les meilleures conditions possibles, un membre de club (qui animera la dégustation) reçoit des informations quant à la préparation des vins, température de service, carafage, ouverture…

Les Villages

 Cornas – Cru des Côtes du Rhône

Terroir
• Vignoble : l’aire d’Appellation est limitée à la seule commune de Cornas.
• Sols : quelques dépôts limoneux, terrasses très abruptes soutenues par des murets.
• Climat : côtes exposées sud et sud-est, très ensoleillées.
• Histoire : vin de notoriété ininterrompue depuis le 10ème siècle. Il a été présent sur les tables royales en France et à l’étranger. Au 19ème siècle, il avait déjà la même « cote » que le Châteauneuf du Pape. Seuls le phylloxéra puis l’urbanisation ont failli en avoir raison ! Le statut des A.O.C. et le renouveau de la qualité ont permis au vignoble de reprendre son élan.

Elaboration
• Superficie en production : 91 ha, production annuelle : 4 007 hl ; rendement de base : 40 hl/ha.
• Cépage : 100 % Syrah
• Taille : Guyot avec un long bois portant 8 yeux francs maximum et 1 ou 2 coursons à deux yeux francs et taille gobelet.
• Vinification : longue cuvaison, titre alcoolique volumique naturel minimum 10,5 % vieillissement : 2 ans en fûts de bois.

Dégustation et consommation
• A l’œil : robe rouge sombre.
• Au nez : bouquet de fruits rouges et de poivre d’intensité moyenne. Après 5 ans, le parfum se développe : truffe, ambre, fruits cuits, réglisse.
• En bouche : un peu sévère dans la jeunesse, la forme s’assouplit peu à peu mais garde la forte charpente de sa structure initiale très persistante en bouche.
• A table : c’est un vin pour le palais puissants, pour une table « retour de chasse », avec une belle verrerie ancienne dont les cristaux taillés donneront du chatoiement au vin…
• Dans la cave : le laisser reposer au moins 5 ans pour lui donner le temps de s’exprimer. Si l’on ne dispose pas d’une cave pour une longue garde, choisir chez le caviste un millésime 1986 ou 1988.
• Consommateurs célèbres : Charlemagne et Louis XIV, mais Saint-Louis aussi!

Des mots pour le dire
« Malgré son grand talent, le Cornas fait assez peu parler de lui. La mode actuelle des bars à vins et des grands Crus des Côtes du Rhône le remet à l’honneur. »

 Crozes-Hermitage – Cru des Côtes du Rhône

Terroir
• Vignoble : c’est le plus grand vignoble des Appellations septentrionales. Il s’étend sur 11 communes situées dans la Drôme sur la rive gauche du Rhône.
• Sols : au nord, coteaux granitiques faisant suite à ceux de l’Hermitage ; au sud, alluvions fluvio-glaciaires et terrasses de cailloux roulés du Rhône ou de loess.
• Climat : exposition plein sud dans les coteaux. Vent dominant, le mistral.
• Histoire : le vignoble est moins ancien qu’en Hermitage, il s’est développé assez récemment dans sa partie sud autrefois consacrée aux cultures fruitières. Aujourd’hui, cette Appellation est, en volume, la plus importante des Crus septentrionaux.

Elaboration
• Superficie en production : 1 252 ha, production annuelle : 61 897 hl ; rendement de base : 45 hl/ha.
• Cépages : Syrah pour les rouges (éventuellement 15 % de Marsanne ou de Roussanne au maximum), Marsanne et Roussanne pour les blancs.
• Taille : les vignes sont taillées à 2 yeux francs sauf la Syrah pour laquelle la taille longue est autorisée.
• Vinification : pour les rouges, titre alcoolique volumique naturel minimum 10 %. Pour les blancs, même titre alcoométrique.

Dégustation et consommation
• A l’œil : le rouge, couleur soutenue brillante. La blanc, jaune d’or pâle et limpide.
• Au nez : le rouge, bouquet de fruits rouges, de cuir et d’épices. Le blanc, parfum floral.
• En bouche : le rouge, forme gracieuse et vive, saveur tannique et longue en bouche. Le blanc, gras en bouche tout en restant sec et équilibré.
• A table : en rouge, vin aux tannins nobles, qui reste léger ; le servir entre 14 et 16°, le déboucher 2 heures avant consommation. En blanc, c’est la note prestige d’un repas ! Le rafraîchir en seau à glace ¼ d’heure avant dégustation. Rouges et blancs excellents pour souligner une cuisine élégante par sa simplicité, en particulier les poissons de rivière et les belles volailles.
• Dans la cave : les rouges sont de grandes longévité. Quelques bons millésimes : 1983, 1990. Les blancs sont agréables à boire jeunes mais peuvent se conserver quelques années.
• Consommateur célèbre : le bandit Mandrin.

Des mots pour le dire
Par le goût, la vinosité et le parfum, les vins de Crozes-Hermitage se rapprochent beaucoup de « l’Hermitage » et d’ailleurs »si ce n’est un frère, c’est un cousin germain » déclare le Comité de Dégustation du Congrès Viticole de Lyon en …1846. C’est tout dire !

 Saint-Péray – Cru des Côtes du Rhône

Terroir
• Vignoble : deux communes, Saint-Péray et Toulaud ; département de l’Ardèche.
• Sols : socle granitique couvert de limons, loess et débris calcaires.
• Climat et relief : coteaux au relief tourmenté et un profond vallon provoquant un micro-climat un peu frais au sein d’une région continentale plus chaude.
• Histoire : présente dès l’époque romaine, la vigne a dominé ce secteur à partir du 15ème siècle. En 1825, un vigneron perspicace fit venir un caviste champenois. En 1829, le premier bouchon de Saint-Péray pétillant sautait au pied du vieux château de Crussol!

Elaboration
• Superficie en production : 55 ha, production annuelle : 2 556 hl ; rendement de base : 45 hl/ha.
• Cépages : vin tranquille : en assemblage Marsanne (96 %) et Roussanne (4 %). Vin mousseux : principalement Marsanne.
• Taille : courte à 2 bourres et un bourillon.
• Vinification : vin mousseux, seconde fermentation en bouteille selon la méthode champenoise. Vin tranquille, pressurage court, fermentation en partie en fûts, en partie en cuve inox. Titre alcoolique volumique naturel minimum 10 % pour les vins tranquilles, 9 % pour les vins effervescents.

Dégustation et consommation
• A l’œil : le vin mousseux, robe jaune. Le vin tranquille, robe d’or pâle.
• Au nez : le vin mousseux, bouquet très floral. Le vin tranquille, nez de fleurs fraîchement cueillies.
• En bouche : le vin pétillant est vif, léger, sec et rafraîchissant. Le vin tranquille a la silhouette légère, vive. Il est sec et de bonne acidité.
• A table : des vins qui peuvent tout se permettre : il est amusant de passer de l’un à l’autre au cours d’un même repas, de l’apéritif au dessert en passant par un bon plat de poisson ou de ris de veau ! Servir bien rafraîchis et ouvrir au dernier moment.
• Dans la cave : des vins à boire jeunes. Le caviste en a souvent au frais à consommer aussitôt.
• Consommateur célèbre : Richard Wagner.

Des mots pour le dire
Au cours de la Révolution française, le Saint-Péray a reçu le nom « politiquement correct » de Péret-vin-blanc ! Pauvre Saint-Pierre de l’Eau… (étymologie du nom Saint-Péray).

Région Méridionale

“La vallée du Rhône septentrionale se termine avec l’appellation Saint-Péray, à l’ouest de Valence, mais la partie méridionale ne commence en fait qu’à 60 km au sud de cette ville, à partir de la banlieue d’Orange.
Si elles sont relativement proches, Valence et Orange ont des géographies et des climats étonnamment différents. Outre les énormes et inesthétiques centrales nucléaires qui ponctuent le paysage entre Montélimar et Orange, on remarquera, en allant vers le sud, une végétation moins riche dans un paysage marqué par les vents et un soleil torride. Le Rhône méridional, sous influence méditerranéenne, est plus sec, plus chaud et plus aéré que la partie septentrionale, et ses légendaires senteurs d’herbes de Provence et de garrigue, loin d’être un phénomène olfactif imaginaire, embaument véritablement toute la région. Il n’est donc pas étonnant que ces mêmes senteurs se retrouvent dans la cuisine et dans les vins locaux.
Contrairement à la partie septentrionale, où chaque vignoble a vue sur le fleuve, les coteaux de la zone méridionale ne sont pas aménagés en terrasses, comme en Côte-Rôtie, Hermitage ou Cornas. Le Rhône baigne le secteur, mais les appellations s’étendent indifféremment sur l’une ou l’autre de ses berges. Sur la rive droite se trouvent Lirac, dont les potentialités ne sont pas encore totalement exploitées, Tavel, qui produit les vins rosés les plus chers et parfois les meilleurs de l’Hexagone, et diverses appellations villages des Côtes-du-Rhône, la meilleure étant incontestablement Saint-Gervais.
L’essentiel de la production de la partie méridionale est issu de la rive gauche, l’une des régions les plus visitées de France, avec un paysage des plus somptueux – il s’agit en fait de la Provence. De Valréas et Vinsobres, au nord-est d’Orange, à Châteauneuf-du-Pape, les vignobles, dans les plaines et à flanc des pentes douces, constituent un écrin où se nichent de charmants petits villages médiévaux, repaires d’artistes et d’artisans. Le panorama est spectaculaire et le climat idyllique, mis à part le féroce mistral. Tout près de Châteauneuf-du-Pape, l’appellation la plus connue de la vallée du Rhône méridionale, se trouven Gigondas, qui donne des vins de très haut niveau, très corsés et de bonne mâche. Beaumes-de-Venise, avec ses opulents liquoreux, est tout près de là, et, à quelques exception près, c’est également sur cette rive que se trouvent les meilleures appellations de Côtes-du-Rhône-Villages. De curieux villages comme Vaison-la-Romaine, Sainte-Cécile-les-Vignes, Cairanne, Rasteau, Vacqueyras et Carpentras, pour ne citer que ceux-là, y jouissent d’une situation privilégiée au milieu d’un océan de vignes. Ils ont chacun leur charme propre, ainsi que leur part de vins sans détour, mais généreux et plaisants. Cette région nonchalante, brûlée par le soleil, fait non seulement le bonheur des touristes et des amateurs de photographie, mais également celui des amoureux du vin, qu’ils soient à la recherche des meilleurs crus ou tout simplement d’une bonne affaire.
Un obstacle majeur à la bonne compréhension des vins du Rhône méridional est très certainement la multitude des cépages qui les composent. La syrah, dominante dans la partie septentrionale, tient ici une place moins prépondérante, les producteurs lui reprochant le caractère confit et de surmaturité qu’elle acquiert dans cette région torride. Ce cépage peut cependant se révéler superbe lorsqu’il est implanté sur un terroir adéquat. Le grenache, cépage roi du Rhône méridional, donne généralement des vins charnus, mûrs et alcooliques, qui manquent cependant de caractère lorsqu’ils sont issus de trop forts rendements. Une taille sévère et une production contrôlée donnent au contraire des spécimens magnifiques. Rares sont les crus entièrement issus de grenache ; les vins rouges sont en majorité composés d’un assemblage de quatre cépage. L’une des variétés les plus prisées est le mourvèdre, qui présente l’inconvénient de mûrir assez tardivement, mais apporte au vin de la couleur, de la structure et une complexité aromatique. Très répandu car très prolifique et facile à cultiver, le cinsault ajoute à la complexité et à l’acidité de l’assemblage – il perd néanmoins du terrain du fait de sa qualité peu satisfaisante. Le muscardin, le terret noir, la counoise et le vaccarèse figurent au nombre des autres cépages autorisés, ces deux derniers présentant semble-t-il un potentiel énorme.”

Les Villages

 Saint-Gervais – AOC Côtes du Rhône Villages

Terroir
• Vignoble : il s’étend tout entier sur le territoire de la commune dans le département du Gard.
• Sols : gréseux sur pentes d’argiles rouges ; sols à cailloutis sur le plateau.
• Climat : type méditerranéen.
• Histoire : pendant des siècles, la polyculture est restée le principal système d’exploitation. Peu à peu, la vigne a conquis le terrain. Profondément marqué par le phylloxéra, le vignoble s’est d’abord reconstitué dans la vallée de la Cèze pour retrouver depuis une trentaine d’années une extension importante dans une recherche constante de la qualité. C’est ce qui a valu à Saint-Gervais son classement en Côtes du Rhône Villages en 1974.

Elaboration

• Superficie en production : 105 ha, production annuelle : 4 436 hl ; rendement de base : 42 hl/ha.
• Cépages : pour les rouges ; Grenache 50 % minimum, Syrah et/ou Mourvèdre 20 % minimum, autres cépages de l’Appellation admis 20 % maximum. Pour les rosés, Grenache 50 % minimum, Syrah et/ou Mourvèdre 20 % minimum, autres cépages admis 20 % maximum, cépage blanc 20 % maximum (Grenache, Clairette, Marsanne, Roussanne, Bourboulenc et Viognier). Pour les blancs, grenache blanc, Clairette blanche, Marsanne blanche, Roussanne blanche, Bourboulenc blanc, Viognier blanc, autres cépages blancs admis 20 % maximum.
• Degré alcoolique minimum : pour les rouges 12,5 %, pour les rosés et les blancs 12 %.

Dégustation et consommation

• A l’œil : le rouge, robe rouge profond. Le rosé, robe rosée aux reflets bleutés. Le blanc, jaune-vert aux reflets dorés.
• Au nez : le rouge, bouquet de fruits rouges et de fruits à noyau. Le rosé, nez de framboises et de fraises. Le blanc, bouquet frais et floral.
• En bouche : le rouge, forme élégante, équilibrée, onctueuse, bouche longue et stylée. Le rosé, silhouette ample et élégante, assez gras, chaleureux, bonne longueur en bouche. Le blanc, silhouette légère, arômes floraux.
• A table : le rouge, une nuance « animal » qui convient aux tables de chasse. Le rosé et le blanc accompagnent agréablement toute cuisine d’été.
• Dans la cave : le rouge, le vieillissement lui profite bien. Le rosé et le blanc se boivent jeunes.

Des mots pour le dire

« L’emplacement de l’église actuelle fut vraisemblablement occupé par un temple dédié à Jupiter… Quand on sait que Bacchus est né de la cuisse de celui-ci ! Un destin tout tracé pour ce village ! »

 Vinsobres – A.O.C. Côtes du Rhône Villages

Terroir
• Vignoble : le vignoble s’étend autour de Vinsobres, sur 7 km en coteaux, dans le département de la Drôme.
• Sols : marnes caillouteuses en coteaux ; marnes sableuses en coteaux ; alluvions quaternaires caillouteuses en terrasses.
• Climat : méditerranéen et protégé du mistral et des influences alpines par les reliefs proches.
• Histoire : bien qu’ancien, le vignoble est resté de dimension modeste jusqu’en 1956. Après la destruction des oliviers par le gel cet hivers-là, la vigne les a remplacés. Vinsobres a été classé Côtes du Rhône Villages en 1957.

Elaboration
• Superficie en production : 573 ha (surface potentielle AOC Vinsobres : 1 700 ha), production annuelle : 24 004 hl ; rendement de base : 42 hl/ha.
• Cépages : pour les rouges, Grenache 50 % minimum, Syrah et/ou Mourvèdre 20 % minimum, autres cépages de l’Appellation admis 20 % maximum. Pour les rosés, Grenache 50 % minimum, Syrah et/ou Mourvèdre 20 % minimum, autres cépages admis 20 % maximum, cépages blancs 20 % maximum (Grenache, Clairette, Marsanne, Roussanne, Bourboulenc et Viognier). Pour les blancs, Grenache blanc, Clairette blanche, Marsanne blanche, Roussanne blanche, Bourboulenc blanc, Viognier blanc, autres cépages blancs admis 20 % maximum.
• Degré alcoolique minimum : pour les rouges 12,5 %, pour les rosés et les blancs 12 %.

Dégustation et consommation

• A l’œil : les rouges, robe foncée aux reflets violacés. Les rosés, robe soutenue, fraise et reflets pivoine, limpide. Les blancs, jaune paille intense.
• Au nez : les rouges, bouquet de fruits rouges avec une note boisée. Les rosés, nez aromatique de fruits mûrs et d’agrumes. Les blancs, bouquet complexe de fruits à chair blanche (pêche, abricot) et de notes exotiques.
• En bouche : les rouges sont assez puissants, mais restent frais, équilibrés avec un léger fond tannique, longs en bouche. Les rosés, agréable douceur, gouleyants et généreux. Les blancs sont harmonieux, longs en bouche, fruités.
• A table : ils ont l’empreinte de fraîcheur et de légèreté qui accompagne la cuisine provençale si elle n’est pas trop épicée.
• Dans la cave : les rouges sont de bonne conservation : en moyenne, ils sont bons à maturité vers 5 ans et jusqu’à 10 ans.

Des mots pour le dire

« Le village est sur une colline.
Son territoire porte un vin doux et piquant (sic)
Vin Sobre ou Sobre Vin, prenez-le sobrement »
1633, Monseigneur l’Archevêque de Vaison.

 Gigondas – Cru des Côtes du Rhône

Terroir
• Vignoble : il est tout entier sur la commune de Gigondas dans le département du Vaucluse.
• Sols : alluvions d’argiles rouges caillouteuses sur des pentes ou de vastes terrasses.
• Climat : méridional chaud et sec, 2 800 heures d’ensoleillement annuel. Le mistral est le vent dominant.
• Histoire : au 19ème siècle, le phylloxéra atteint cruellement ce vignoble. L’olivier prend sa place jusqu’aux grandes gelées de l’hiver 1956 où il est à son tour décimé. Du début des années 60 à nos jours, la vigne a reconquis les coteaux. L’appellation Locale « Gigondas » a été obtenue par décret en 1971.

Elaboration
• Superficie en production : 1 208 ha, production annuelle : 43 010 hl ; rendement de base : 35 hl/ha.
• Cépages : pour les rouges, Grenache noir 80 % maximum. Syrah et Mourvèdre 15 % minimum. De plus sont autorisés tous les autres cépages de l’Appellation, à l’exception du Carignan, dans la proportion maximale de 10 % de l’encépagement ; vendange triée. Pour les rosés, Grenache noir 80 % maximum. Tous les autres cépages de l’Appellation sont autorisés, à l’exception du Carignan dans la proportion maximale de 25 % de l’encépagement.
• Taille : Syrah, taille Guyot. Pour les autres cépages, taille en gobelet ou en éventail sur un fil, à 2 yeux maximum par courson avec un maximum de 15 yeux francs par cep en plus du bourillon.
• Vinification : macération longue, titre alcoolique volumique naturel minimum : 12,5 %, élevage classique en fûts et foudres de bois anciens.

Dégustation et consommation
• A l’œil : le rouge, couleur chatoyante, comme ensoleillée. Le rosé, couleur soutenue.
• Au nez : le rouge, bouquet de fruits, de kirsch dans la jeunesse et plus tard nuances sauvages de sous-bois ou un peu animales. Le rosé, parfum d’amande et de fruits cuits.
• En bouche : le rouge, forme charpentée, équilibrée, goût puissant, un peu sévère dans son jeune âge. Le rosé, capiteux et généreux.
• A table : le rouge doit régner sur tout le repas, corsé et charnu ; il ne supportera aucun rouge après lui !
• Dans la cave : les rosés sont à boire rapidement. Les rouges, à maturation lente, sont de vins de grande garde. De bons millésimes (ils abondent) : 1990, 1991, 1994 et 1995…
• Consommateur célèbre : Pline l’Ancien.

Des mots pour le dire
« Le nom de Gigondas vient de jucunditas qui signifie joie ou agrément en latin, c’était le nom d’une bourgade gallo-romaine qui était bien alors un lieu d’agrément. »

 Vacqueyras – Cru des Côtes du Rhône

Terroir
• Vignoble : il s’étend sur les 2 communes de Vacqueyras et de Sarrians dans le département du Vaucluse, au pied des Dentelles de Montmirail.
• Sols : alluvionnaires et terrasse glaciaire du Riss (période glacière de l’ère quaternaire de –120 000 années à –300 000 années avant notre ère).
• Climat : chaud et sec, ensoleillement particulièrement important.
• Histoire : après le décret de l’A.O.C. Côtes du Rhône en 1937, Vacqueyras fut l’un des premiers villages reconnus pour la qualité de ses vins. Classé « Côtes du Rhône Vacqueyras », puis décrété Côtes du Rhône Villages en 1955, Vacqueyras a enfin été consacré Appellation Locale en 1990.

Elaboration
• Superficie en production : 1 229 ha, production annuelle : 47 546 hl ; rendement de base : 35 hlha.
• Cépages : pour les rouges (95 % de la production), Grenache noir (au moins 50 %), Syrah, Mourvèdre et Cinsault (au moins 25 %) : pour les rosés (4 % de la production), Grenache (60 % maximum), Mourvèdre et Cinsault (au moins 15 %) ; pour les blancs (1 % de la production), Clairette, Grenache blanc et Bourboulenc principalement ; Roussanne, Marsanne et Viognier ne devant pas dépasser 50 % de l’encépagement.
• Taille : Guyot pour la Syrah ; pour les autres cépages, la seule taille autorisée est la taille courte en gobelet ou en cordon de Royat à 7 coursons et 2 yeux maximum. Plantation :
4 000 pieds minimum par hectare.
• Vinification : degré alcoolique minimum 12,5 % pour les rouges, 12 % pour les rosés et les blancs. Foulage ; fermentation en cuve de 8 à 10 jours ; soutirage du vin de goutte ; assemblage du vin de presse et du vin de goutte ; élevage : 12 à 18 mois à 13/15°.

Dégustation et consommation
• A l’œil : vin rouge à la robe profonde. Vin rosé joliment coloré, un peu doré. Vin blanc, d’un beau jaune clair.
• Au nez : vin rouge, ensemble odorant de fruits mûrs, cerise noire et noyau avec une pointe de réglisse. Vin rosé au bouquet fruité. Vin blanc floral.
• En bouche : vin rouge charpenté, corsé, joli décor de fin de bouche. Vin rosé, silhouette ample et saveur généreuse. Vin blanc de saveur fraîche et jeune.
• A table : les rouges peuvent être servis à 17 ou 18°. A boire avec toute cuisine de qualité et sans « tralala » ! Les blancs et rosés sont à servir rès frais en toute circonstance.
• Dans la cave : les rouges peuvent attendre 5 à 7 ans. Les blancs et rosés sont bons à boire dans leur jeunesse.
• Consommateur célèbre : Sarah Bernhardt.

Des mots pour le dire
« Curieux destin pour un village dont les célèbres hôtes du 19ème siècle – Sarah Bernhardt, et Frédéric Mistral par exemple – venaient surtout pour prendre un verre…d’eau thermale ! Mais on raconte que cela ne les empêchait pas d’en prendre un autre…des vins d’ici qui avaient de la réputation ! »

Les Domaines

 Domaine Jaboulet

La maison Jaboulet fut fondée par Antoine Jaboulet (1807 – 1864). Il eut des jumeaux Paul et Henri (1846 – 1892) qui développèrent l’entreprise familiale. C’est l’aîné, Paul, qui donna son nom à la raison sociale.« Paul Jaboulet Aîné » est spécialisée exclusivement dans les vins de la Vallée du Rhône, où les vignes on été déjà implantées par les Romains (et peut être même par les Grecs, mais il n’en reste aucun vestige) et commercialise une gamme d’environ 26 références, toutes en Appellations d’Origines Contrôlées.
La réputation de la qualité de leurs vins est due à leurs propriétés viticoles, bien situées et bien entretenues, qui produisent un rendement très raisonnable de 30/40 hectolitres par hectare.
Leurs vinifications très longues, associées à une maîtrise parfaite du vieillissement en fûts de chêne, leurs permettent d’en retirer la quintessence. Les bouteilles de verre épais et de couleur sombre spécialement créées pour eux, présentent un goulot et un bouchon très longs assurant une bonne et meilleures conservation des vins.

En France et dans le monde entier, leurs vins sont présents dans la belle restauration (sur la carte de presque tous les trois étoiles) ; ils sont également distribués dans les épiceries fines et chez les cavistes. 65% de leur production est exportée vers 70 pays.

 Château des Tours

La propriété appartient à Emmanuel Reynaud, qui dirige également depuis 1997 Rayas et Fonsalette. Elle se dédie principalement, comme ses deux consœurs, à l’exaltation du cépage grenache, sur des sols et dans une situation géographique néanmoins très distincts : la propriété est située en bas de l’appellation Vacqueyras, sur des coteaux de terre assez riche. Le soin apporté à la viticulture et les risques pris lors des vendanges – les raisins sont les plus mûrs possibles – offrent une qualité de production très régulière. De fait, le style du Château des Tours est très spécifique : d’une expression classique du grenache, jamais très fort en couleur, mais toujours profond et élancé, d’une chair veloutée et d’une belle longueur épicée, sachant s’affirmer après quelques années de cave. C’est un vin pour amateurs de fins grenaches.
Les vins : le vin de pays est souple, facile à boire, tout comme le côtes du Rhône, qui séduit par sa persistance aromatique. C’est également la persistance aromatique, avec ses notes d’épices et de thym qui plait dans le vacqueyras 1999, un vin prêt à boire dans trois à cinq ans. Le côtes du Rhône blanc, issu de grenache blanc, est très agréable dès maintenant avec ses arômes fins de fruits à noyau et de fleurs blanches.

 Domaine des Amouriers

Les Amouriers produisent des vacqueyras où la syrah (contrairement au style classique de l’appellation) sait apporter une touche complémentaire à des grenaches beaucoup plus denses sur ces terroirs écrasés de soleil que partout ailleurs en France. Les cuvées de vacqueyras associent ainsi couleur, solidité de constitution et profondeur aromatique.
Les vins : vin de pays et côtes du Rhône sont fruités, bien équilibrés en 2000, tandis que le vacqueyras du même millésime apparaît très coloré, complet et savoureux. La cuvée Hautes Terrasses 1998 doit assimiler un boisé imposant, mais elle ne manque pas de fond.

 Château de Fonsalette

Inséparable petit frère de Rayas, Fonsalette est dirigée comme lui par Emmanuel Raynaud. Vins rouges et blancs partagent avec Rayas un certain air de famille. Celui-ci est reconnaissable entre tous par ce grain inimitable de texture et cette complexité aromatique impressionnante dans les deux couleurs, même si nous avouons une préférence pour la régularité des rouges. Bien qu’ils ne furent jamais de fervents supporters de la syrah, à valeur de modèle pour les innombrables laudateurs de ce cépage dans le sud da la vallée du Rhône et dans le Languedoc.
Les vins : les blancs, dans les trois derniers millésimes, sont gourmands et fins. Ils constituent d’indéniables réussites. En rouge, les vins sont longs et solides, parfois dotés de tanins un peu rustiques (1998). 2000 apparaît comme le plus prometteur des trois dernières années.

 Château de Beaucastel

Ce très vaste domaine s’étend sur une centaine d’hectares réparties à 60 % en Châteauneuf du Pape et pour le reste en Côtes du Rhône. De fait, l’autoroute du soleil sépare les deux appellations plus nettement que les terroirs. De part et d’autre de la voie, on est impressionné par le même paysage d’une mer de vignes, sans heurt géologique, posée sur un tapis de gros galets recouvrant presque intégralement le sol du côté de Châteauneuf du Pape, un peu plus espacé du côté de l’appellation générique. Ainsi, ne s’étonnera-t-on pas de la qualité toujours épatante du côtes du Rhône de la propriété, baptisé Coudoulet. Mais la grande affaire demeure évidemment le châteauneuf du pape. Dans une appellation qui ne brille pas par son homogénéité et qui a connu au cours de cette décennie une succession de millésimes très inégaux, allant du franchement médiocre (1992) au très bon (1995 et 1999), en passant par beaucoup de moyens (tous les autres hormis 1994), Beaucastel est certainement le cru ayant tiré le meilleur de chaque millésime en blanc comme en rouge, se maintenant quoi qu’il arrive au sommet de la qualité. Cette capacité à s’adapter, millésime après millésime, reflète, en rouge du moins, la richesse de la palette des cépages sur laquelle les frères Perrin jouent, avec un art consommé, afin de dessiner la silhouette de chaque cuvée. Le mourvèdre d’abord donne au vin son inimitable densité poivrée et épicée et dont le caractère tardif favorise une grande complémentarité avec le bien plus précoce grenache, moins présent que dans la plupart des châteauneuf du pape, ce dernier n’en apportant pas moins au vin une profonde générosité. L’autre touche importante et originale est assurée par la counoise, un cépage qui, seul, offre peu de profondeur et de dynamisme, et dont la finesse et la rondeur veloutée se marient toutefois parfaitement avec l’ensemble. Au final, Beaucastel propose un rouge toujours coloré, puissant, droit et structuré, mais également très charnu, rond, dont la caractère épicé et presque sauvage s’exacerbe au début de sa garde, avant de se laisser dompter et d’offrir, une fois à maturité, une harmonie longue et suave. Dans les grands millésimes, Beaucastel produit une cuvée de rouge supplémentaire, baptisée « Hommage à Jacques Perrin », encore plus dense et profonde (ce qui n’est pas un mince exploit !) que le rouge normal. Les blancs demeurent d’un niveau irréprochable, en particulier la très parfumée et dense cuvée de roussane, baptisée Vieilles Vignes.
Les vins : le châteauneuf blanc roussane vieilles vignes 2000 est un monument des vins du Sud de la France : finesse aromatique, amplitude, fraîcheur, élégance, sève et longueur sans molesse, le tableau est extraordinaire. Tous les blancs, y compris le Coudoulet, sont d’un niveau exceptionnel dans ce millésime, tandis que le rouge 1999, marqué par de superbes notes poivrées et par une allonge impressionnante, est un vin de grande garde.

 Domaine Combier

Jeune producteur ayant repris avec éclat la propriété familiale située le long de la Nationale 7, Laurent Combier produit des Crozes Hermitage riches et très démonstratifs, dont la cuvée du Clos des Grives élaborée avec luxe. Les vins sont réalisés dans un style moderne : égrappage et élevage en barriques neuves. Les vins ne cessent de progresser, gagnant en élégance et en profondeur sans perdre leur charme aromatique.
Les vins : les deux blancs 1999 sont pleins et élégants, mais la cuvée classique n’a pas la vivacité et le parfum de l’excellent Clos des Grives composé à 80 % de roussane (ce qui est plutôt rare en Crozes). Les deux rouges 1999 sont réussis : fruité, gourmand et frais pour la cuvée classique, très ample et savoureux pour le Clos des Grives.

 M. Chapoutier

En 1987, Michel Chapoutier reprend avec son frère Marc la vieille maison familiale, qui périclitait. Il gagne très vite le cœur des amateurs en produisant des vins rouges d’une puissance peu commune en Hermitage et dans les autres grandes appellations des côtes du Rhône. La maison a aujourd’hui sensiblement modifié son approche en recherchant une plus grande finesse de saveur et surtout une expression plus immédiate du terroir du vin grâce, notamment, aux méthodes de l’agriculture biodynamique. Les derniers millésimes sont bons en rouge, mais l’excellence ne survient réellement qu’avec les plus grandes cuvées : les ermitages Le Méal, l’Ermite et Le Pavillon (auquel on peut ajouter la très régulière mais plus souple cuvée Sizeranne), le vin de paille, le côte rôtie La Mordorée et, dans un autre registre, le banyuls Terra Vina, sont proprement des vins d’exception. Nous demeurons plus mesurés vis-à-vis des super cuvées (très onéreuses) que constituent le crozes Les Varonniers et le saint-joseph Les Grains. Quant aux blancs, nous avouons notre incompréhension devant la plupart des cuvées qui paraissent massives et parfois lourdes. Au final, entre admiration devant certaines cuvées extraordinaires (mais vendues à prix d’or !) et incompréhension devant plusieurs plusieurs autres, nous sommes obligés de remarquer cette hétérogénéité.
Les vins : dans une gamme très large, les ermitages et le saint-joseph blancs 1999 sont apparus pleins, massif, mais très fermés actuellement : il faudra leur donner le temps de sortir de leur gangue. Seul le vin de paille 1999 offre une race et une finesse d’expression immédiates. Dans les grandes cuvées de rouge, le côte-rôtie la Mordorée 1998, à l’imposant boisé mais au volume d’une densité tannique étonnante, est un beau millésime de garde. En ermitage, les sommets sont atteints par l’Ermite, à l’impressionnante minéralité, vin grave et profond, qui atteindra dans dix ans sa profonde expression, et par le plus flamboyant Le Pavillon, au grand fruit éminemment racé. Les cuvées « de base » sont de beau niveau, mais pas exceptionnel en 1999 (crozes Les Meyssonniers souple et rond, hermitage Sizeranne au bel équilibre mais de densité moyenne) et 1998. Barberac 1998 est un beau châteauneuf expressif et suave, tandis que le banyuls 1998 allie saveur, plénitude et absence de lourdeur. Les coteaux d’Aix et coteaux du tricastin sont décevants.

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