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Bordeaux Vieille carte Cassinni
Dégustations

Bordeaux Graves – 2000

Il semble désormais admis que les premières vignes bordelaises auraient été plantées par les légions romaines, peu de temps avant J.C. Les vins de Burdigala (nom latin de Bordeaux) sont mentionnés par Pline l’Ancien, puis par le poète Ausone. Si la ville de Bordeaux était dès le Moyen Age considérée comme la métropole occidentale du vin, cela tenait plus à la quantité produite qu’à la qualité de ses crus qui étaient bien loin de ce qu’ils sont aujourd’hui. D’ailleurs les hommes de goût de ce temps leur préféraient ceux de Bourgogne. Rappelons-nous que si Orléans est devenue la capitale du vinaigre, c’est parce que s’y arrêtaient les vins de Bordeaux qui avaient tourné durant le voyage ! C’est au XVIIIe siècle et plus encore au XIXe que se dessine réellement l’image du Grand Bordeaux Rouge, celui que les connaisseurs du monde entier s’accordent à classer par-dessus tous les autres. En 1855 la consécration vient pour les meilleurs d’entre eux avec le célèbre classement des Grands Crus de Médoc, suscité par Napoléon III. Si Aujourd’hui, plus de cent trente ans après ce classement, superficiellement révisé en 1973, peut paraître critiquable sur quelques points de détail, il demeure d’une valeur globalement assez fiable et ce, malgré la terrible crise phylloxérique qui détruisit la quasi-totalité du vignoble dans la seconde moitié du siècle dernier !Aperçu géographique du bordelaisCertains œnologues se plaisent à dire que Bordeaux est le vin de la mer. C’est plus exactement le vin « des mers », comme on les nomme ici, que sont la Gironde, la Garonne et la Dordogne. Ce sont elles qui délimitent ses terroirs. Il faut déjà savoir que depuis 1911, le vignoble de Bordeaux est strictement limité au département de la Gironde. Il suffit ensuite de laisser les fleuves (les mers !) dessiner les terroirs. Le climat bordelais Le climat bordelais, de type océanique, est doux et humide. Néanmoins, la douceur des hivers entraîne une précocité végétale qui accroît les risques de gelées printanières contre lesquelles on lutte efficacement. L’ensoleillement annuel moyen dépasse 2000 heures et les mois de vendanges (septembre et octobre) sont souvent très beaux, ce qui contribue à la qualité du vin. La pluviosité, bien que capricieuse, reste dans les normes nationales (entre 800 et 900 mm par an). Bien qu’il soit difficile de distinguer de notables différences de climat à l’intérieur d’un même département, il est quand même à signaler que plus on s’éloigne de la mer, plus les hivers sont froids et plus les étés et les arrière-saisons sont chauds.
Vin N°

Pessac-Leognan Blanc 1993

Domaine de la solitude
Fiche de dégustation Pessac-Leognan Blanc 1993
Vin N°

Pessac-Leognan blanc 1993

Château Smith Haut Lafitte
Fiche de dégustation Pessac-Leognan blanc 1993
Vin N°

Pessac-Leognan blanc 1990

Château Latour Martillac
Fiche de dégustation Pessac-Leognan blanc 1990
Vin N°

Pessac-Leognan blanc 1992

Domaine de Chevalier
Fiche de dégustation Pessac-Leognan blanc 1992
Vin N°

Pessac-Leognan rouge 1993

Domaine de la Solitude
Fiche de dégustation Pessac-Leognan rouge 1993
Vin N°

Pessac-Leognan rouge 1994

Château Smith Haut Lafitte
Fiche de dégustation Pessac-Leognan rouge 1994
Vin N°

Pessac-Leognan Rouge 1990

Château Latour Martillac
Fiche de dégustation Pessac-Leognan Rouge 1990
Vin N°

Pessac-Leognan Rouge 1988

Domaine de Chevalier
Fiche de dégustation Pessac-Leognan Rouge 1988

Les vins ont tous été dégustés à l’aveugle et dans les meilleures conditions possibles, un membre de club (qui animera la dégustation) reçoit des informations quant à la préparation des vins, température de service, carafage, ouverture…

2. Les GravesCette région viticole particulièrement privilégiée s’étend sur la rive gauche de la Garonne en une bande de terre de 15 km de large et d’une longueur de 60 km, entre le nord de Bordeaux et le sud de Langon.
Berceau bimillénaire des grands vins de Bordeaux, elle a ceci d’incomparable de produire à la fois des vins rouges parmi les meilleurs qui soient, des vins blancs secs de grande classe, mais aussi des vins blancs moelleux et liquoreux, aux confins de Sauternes et de Barsac.
Ils viennent sur des terres contrastées où se mélangent le sable et les graviers. Maigre, sec et sablonneux, le sol de graves est impropre à toute autre forme de culture, mais se prête divinement à celle de la vigne et à l’élevage des vins les plus exquis. Le vignoble des Graves tire son nom de la nature de son sol. Peut-être parce que très tôt est apparue la vocation éminemment viticole de ces terrains rudes et infertiles qui conviennent exactement aux faibles rendements exigés par la vigne de haute qualité.
A l’ouest, des sols très blancs, formés de galets de dimensions modestes. Il s’agit de graves pyrénéennes dont la caractéristique est de refléter la lumière si vigoureusement qu’il est parfois dur de regarder longtemps le sol sans lunettes de soleil. A l’est, en revanche, les terrains plus récents tirent souvent vers des couleurs ocres et présentent des matériaux de plus grosse taille.
Agréable à l’œil, cette riche palette naturelle est aussi décisive pour l’implantation de la vigne.Le cépage dominant en rouge est ici le cabernet sauvignon, allié à ses habituels compères bordelais : le cabernet-franc et le merlot.
En blanc, c’est l’assemblage de sémillon et de sauvignon qui règne en la plupart des châteaux.

La région des Graves tout entière est renommée aussi bien pour ses blancs que pour ses rouges. Les meilleurs blancs de la région sont rares et chers et, pour quelques-uns, sont capables de rivaliser avec les meilleurs blancs du pays. Ils sont issus essentiellement de deux cépages, le sauvignon et le sémillon. Le domaine le plus célèbre, Château Haut-Brion, qui se trouve au nord de Pessac ; c’est le premier château du bordelais à avoir bénéficié d’une réputation internationale.

Liste officielle des 21 Crus Classés de Graves
Par ordre alphabétique.

Les Crus de Graves ont été classés en 1959. Aucune hiérarchie n’est apparente et l’ordre est celui de l’alphabet. Une différenciation est faite entre les vins rouges et les vins blancs. Le château Haut-Brion appartient naturellement à cette classification bien que relevant aussi du prestigieux classement de 1855.

VINS ROUGES VINS BLANCS

Crus Communes Crus Communes

Château Bouscaut Cadaujac Château Bouscaut Cadaujac
Château Carbonnieux Léognan Château Carbonnieux Léognan
Domaine de Chevalier Léognan Domaine de Chevalier Léognan
Château de Fieuzal Léognan Château Couhins-Lurton Villenave-d’Ornon
Château Haut-Bailly Léognan Château Laville-Haut-Brion Talence
Château Haut-Brion Pessac Château Malartic-Lagravière Léognan
Château Malartic-Lagravière Léognan Château Olivier Léognan
Château la Mission Haut-Brion Talence Château la Tour-Martillac Martillac
Château Olivier Léognan
Château Pape-Clément Pessac
Château Smith-Haut-Lafitte Martillac
Château la Tour-Haut-Brion Talence
Château la Tour-Martillac Martillac
La majorité des crus classés sont produits dans la partie septentrionale de la région, à la périphérie même de la ville de Bordeaux. (voir carte)

Pessac Léognan

L’appellation Pessac Léognan englobe 10 communes, situées immédiatement à l’ouest et au sud- ouest de Bordeaux.
Le Terroir, offre sa spécificité, avec de superbes graves qui font de cette zone une sorte de prolongement naturel du Médoc. Il faut enfin reconnaître que la famille est distinguée puisque, sous cette appellation, se range la totalité des quinze crus classés (sur 21), avec tout le poids de leur réputation, ainsi que la force de leur enracinement dans les profondeurs du terroir.

La géologie en folie

Les Pessac Léognan sont des vins qui puisent leur identité dans leur terroir.
La vigne profite en effet des qualités exceptionnelles d’un sol pauvre et d’un terroir qui se présente sous la forme de croupes très bien dessinées. Les principaux atouts de l’appellation sont une très bonne exposition, un drainage excellent, assurés par des pentes fortes et un réseau hydrographique bien constitué.
Les remarquables conditions naturelles de la zone des pessac-léognan se caractérisent par une hétérogénéité supérieure à celle des appellations voisines du sud et du nord. L’une des conséquences les plus marquantes de ce phénomène est la vocation naturelle de certains sols pour les vins blancs.
Parfaitement conscients de cette diversité des terrains, les grands propriétaires bordelais de l’Ancien Régime ont su constituer des domaines d’une grande qualité, en rassemblant progressivement autour de leurs châteaux les meilleures parcelles. Il suffit d’un petit ruisseau, ou d’un changement parfois minime dans la pente ou l’orientation pour transformer complètement la valeur du sol.
Les producteurs restent aussi fidèles à la typicité des vins, notamment par le choix de l’encépagement, avec une dominante de cabernet sauvignon, associé à un peu de merlot et de cabernet franc pour les rouges, et de sauvignon, allié au sémillon, pour les blancs.
Les pessac-léognan présentent en effet des caractères particuliers qui font leur originalité. Pour les vins rouges, il est même possible de distinguer certains terroirs très typés. Les uns sont caractérisés par l’extraordinaire complexité de leur bouquet et leur note fumée. D’autre présentent des analogies à la fois avec les médoc dont ils se rapprochent par leur tannicité et avec certains pomerol par leur coté velouté et fondu.
Quant aux blancs secs, ils ont la particularité de très bien supporter le bois et le vieillissement, avec un bouquet qui évolue vers des notes fines et vives rappelant le genêt et le tilleul.
C’est la toute dernière-née des appellations bordelaises, puisque sa création ne remonte qu’à 1987. C’est aussi l’aboutissement d’une scission qui demeurait latente depuis la naissance de l’A.O.C. Graves. C’est-à-dire cinquante ans auparavant.

Les Domaines et Châteaux

Domaine de La Solitude

C’est en 1823 que l’on trouve dans les écrits la trace la plus ancienne de cet excellent vin de La Solitude. La propriété appartenait déjà à la congrégation religieuse qui y est toujours enracinée. Hélas la caractéristique des « Graves de clairière » est que le vignoble y est sensible aux froids printaniers. Le Domaine de La Solitude avec ses gelées fréquentes a connu bien des vicissitudes, qui avaient presque conduit à la disparition complète de la vigne avant que M. Beloc, l’actuel directeur de sa propriété, n’ai décidé en 1972 de la faire renaître de ses cendres.

Château Smith Haut-Lafitte

Daniel et Florence Cathiard ont transformé cette vaste propriété de Martillac en une exploitation viti-vinicole exemplaire, largement ouverte aux visiteurs du monde entier qu’ils accueillent avec un généreux sens de l’hospitalité. Le blanc a beaucoup fait pour le succès actuel de la marque, développant au plus haut degré, et parfois jusqu’à saturation les arômes musqués du sauvignon bordelais. Le rouge beaucoup plus complexe et subtil et finalement plus élégant, est loin le meilleur de la commune aujourd’hui et commence à rivaliser avec les plus grands de l’appellation.

Château La Tour Martillac

La petite tour du XIIe siècle, à l’entrée de la propriété, a fourni le nom du château. Le domaine fut acheté en 1929 par le négociant Alfred Kressman, après que son père Edouard eut déjà largement puisé dans ses ressources ; dès 1884, ce dernier faisait greffer une pièce de vigne, contenant la collection des cépages qu’il recommandait pour son futur Graves Monopole Dry. La succession a été assurée par son fils Jean, puis par ses petits enfants. Vinification rouge à l’ancienne : fermentation et macération à haute température, le moût des vieilles vignes étant traité en cuves de chêne, vieillissement de 18 à 20 mois en barriques renouvelées par tiers, collage au blanc d’œuf… Les blancs, ramassés par tries soigneuses, fermentent en barriques (neuves pour moitié) puis y sont conservés sur lie pendant 7 ou 8 mois. Rouge solide, long et charnu, développant avec le temps un spécifique « goût de cèdre ». Blanc ample et odorant, tenant fort bien la distance.

Domaine de Chevalier

L’ancien domaine de Chibaley est depuis 1983 entre les mains d’une société civile, partagée entre la famille Ricard (descendante du propriétaire qui l’acheta en 1865) et la société Bernard. Le vignoble occupe une vaste clairière – site qui a nécessité une installation anti-gelées – et dispose d’un magnifique terroir graveleux. Les rouges, cuvés à température élevée, vieillissent 24 mois en fûts, renouvelés par moitié annuelle ; les blancs fermentent également en barriques puis y subissent un long élevage (18 mois). Vins de grande finesse : le rouge séduit par son ample bouquet, sa sève et son harmonie (remarquable même dans les petites années), tandis que le blanc se distingue par sa délicatesse, un boisé bien fondu et des arômes éblouissants.

Extrait du :

 Grand Livre des Bordeaux (Mastrojani) SOLAR 1989,
 Graves de Bordeaux (Nathan) 1985,
 ATLAS des vins de France (Hachette) 1989.

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