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cépages d'alsace
Dégustations

Alsace Pinot Noir – 2001

Le cépage Pinot Noir, son origine et ses lieux de prédilection.

Paradoxalement, ce cépage rouge, originaire de Bourgogne, est le plus ancien d’Alsace. Mentionné durant tout le Moyen-Age, il fut abandonné progressivement à partir du XVIe siècle. La variété alsacienne de ce plant de première époque est vinifié soit en rosé, soit en rouge, donnant dans le second cas un vin de robe claire à moyenne, très fruité, aux arômes de cerise et de kirsch. Extrait de « Le grand livre des vins d’Alsace-Michel Mastrojanni-Solar. On croit que le pinot nous viendrait des premières vignes sauvages sélectionnées par l’homme. Si Pline et Columelle ont décrit Vitis allobrogica au Ier s. après J.C., il paraît plausible que le pinot fût déjà cultivé en Gaulle quand les Romains l’envahirent et on possède des indications probantes de sa présence en Bourgogne au IVe siècle. Un « pinot vermeil » est mentionné dans un registre hospitalier bourguignon datant de 1375. Aucun autre cépage ne porte un nom en usage depuis plus de six siècles. Le nom demeure, mais la vigne a évolué. Nulle part ailleurs cette évolution n’est-elle aussi visible et exaspérant qu’en Bourgogne où l’on cultive une grande variété de clones de pinot noir – choisis plus ou moins soigneusement. (Le pinot noir, qui comptait pour moins de la moitié du vignoble de la Côte d’Or en 1968, en occupe maintenant 70 pour cent). La sélection clonale était devenue urgente pour combattre les maladies virales, notamment l’enroulement auquel le pinot noir est particulièrement sensible. Les considérations de qualité furent souvent négligées. Au cours des cinquante dernières années, de nombreux vignerons se sont laissés tenter par des clones plus faciles à cultiver dans leurs vignobles à forte densité car leur pousse est droite (comme celle du clone californien GB), et le rendement est plus élevé que celui des pinot fin et pinot tordu traditionnels. Qui oserait les en blâmer ? Mais partout dans le monde, les amoureux du bourgogne en sont venus à maudir les nouveaux clones, avec leurs baies à peau fine gorgées de jus, comme ils maudissent les vins pâles issus d’une fermentation accélérée de leur raisin. L’explication des énormes variations de qualité des bourgogne vendus aujourd’hui se trouve autant dans les chais que dans les vignobles. Il y a, néanmoins, des signes encourageants. Les vignes post-phylloxériques en sont à la troisième ou à la quatrième génération et celles plantées dans les années 1960 parviennent à une maturité qui semble heureuse. En Côte d’Or, la proportion des « vins sérieux » augmente de manière perceptible. L’industrie agro-chimique apprend aux Bourguignons à lutter contre la pourriture grise, à laquelle les grappes compactes du pinot noir sont très sensibles. On expérimente sur une grande échelle des clones venant du monde entier et, avec de la chance, les oenophiles pourront bientôt déguster les vins superbes que peuvent être les grands bourgogne, sans avoir à chercher l’oiseau rare. Les variations du pinot noir étant plus nombreuses que celles des autres cépages, toute généralisation serait hasardeuse. Le pinot noir est-il un raisin à la peau épaisse, riche en tanin et en anthocyanes ? Si l’on bénéficiait du rare privilège d’avoir du romanée-conti dans son verre, on dirait oui, mais au moins la moitié des rouges de la Côte d’Or sont nettement pâles ; alors ? On est généralement d’accord (sauf en Allemagne) que le pinot noir débourre et mûrit tôt. Il donne habituellement le meilleur de lui-même dans les climats assez frais. Plus la vendange sera tardive, plus complexe sera le vin, mais attendre l’extrême limite avant la surmaturité est un exercice périlleux, en raison du risque de pourriture. Les gelées printanières sont particulièrement dangereuses et la nouaison peut être défectueuse certaines années. Les viticulteurs qui plantent le pinot noir pour la première fois manquent parfois d’un vocabulaire suffisant pour injurier ce cépage volage. On ne s’étonne pas que la France ait le plus grand vignoble de pinot noir du monde. Il comptait 12 000 hectares en 1968 et est passé à 17 000 hectares en 1979 (le cabernet sauvignon a progressé encore plus vite pendant cette période). Près de la moitié des vignes se trouve dans ce qu’on pourrait appeler la Grande-Bourgogne – dont les deux tiers, 5 700 hectares, dans la Côte d’Or – la majorité des autres étant cultivées en Champagne. Il y a environ 600 ha de pinot noir en Alsace, où il donne des vins rouges plutôt légers et très fruités, qui prendront davantage d’ampleur au fur et à mesure que les temps de cuvaison plus longs deviendront l’habitude. Le pinot noir est aussi responsable d’une quantité d’autres curiosités comme les sancerre rouge et rosé ; l’irancy ; le vin gris, vestige du vignoble lorrain dévasté par le phylloxéra et la guerre ; les rouges pâles de Savoie et du Jura. C’est en Champagne que le pinot noir est utilisé le plus bizarrement : on en tire un vin blanc tranquille qui apportera à la cuvée texture et longévité. Si l’on considère combien il est difficile d’empêcher le moût du pinot noir d’être coloré par les pigments de la peau du raisin, combien le rendement du Chardonnay (et du pinot meunier) est plus élevé et combien le blanc de blancs peut être délicieux, on pourrait s’étonner que ce cépage soit toujours tenu en aussi haute estime. Il ne fait pas de doute que la religion de l’assemblage est profondément ancrée dans le cœur des Champenois. Extraits de « Le livre des cépages »-Jancis Robinson-Hachette.
Vin N°

Pinot blanc de noir 1999

Terroir Saering & Spiegel - Domaine Dirler Cadé
Fiche de dégustation Pinot blanc de noir 1999
Vin N°

Pinot blanc de noir 1998

Terroir Saering & Spiegel - Domaine Dirler Cadé
Fiche de dégustation Pinot blanc de noir 1998
Vin N°

Pinot noir Vieilles vignes 1998

Domaine Armand Hurst
Fiche de dégustation Pinot noir Vieilles vignes 1998
Vin N°

Savigny les Beaunes 1er Cru "Les serpentières" 1995

Domaine Pierre Guillemot
Fiche de dégustation Savigny les Beaunes 1er Cru
Vin N°

Pinot noir "Jubilé" 1997

Terroir Sporen - Domaine Hugel
Fiche de dégustation Pinot noir
Vin N°

Pinot noir "Burlenberg" 1997

Domaine Marcel Deiss
Fiche de dégustation Pinot noir
Vin N°

Pinot Noir LN012 1999

Terroir Eichberg - Domaine Schueller
Fiche de dégustation Pinot Noir LN012 1999
Vin N°

Pinot noir Fûts de Chêne 1999

Domaine Dirler Cadé
Fiche de dégustation Pinot noir Fûts de Chêne 1999
Vin N°

Clos Saint Landelin 1999

Domine Muré
Fiche de dégustation Clos Saint Landelin 1999

Les vins ont tous été dégustés à l’aveugle et dans les meilleures conditions possibles, un membre de club (qui animera la dégustation) reçoit des informations quant à la préparation des vins, température de service, carafage, ouverture…

Les viticulteurs et leurs joyaux.

L’adéquation du cépage et du terroir. L’Alsace est aussi une terre de grands vins rouges.

1) Domaine DIRLER-CADE

La maison est discrète, sans tape-à-l’œil, respirant tout le sérieux de son propriétaire. Jean-Pierre Dirler y exerce concrètement depuis 1962, après que fut abandonnée l’activité initiale de petit négoce, qui remontait à 1871. Cette année-là en effet, son arrière-grand-père, Jean Dirler, instituteur à Bergholtz, préféra quitter son poste et embrasser le métierdu vin, plutôt que de continuer à enseigner en langue allemande. Cependant le greffon prit vite, et son affaire, fondée déjà sur une devise de qualité (« Vins naturels, vins fins ! »), prospéra en très peu d’années. Le tarif de 1877 proposait – au prix d’ailleurs le plus élevé – un vin de Guebwiller du fameux millésime 1834 : un vin donc quadragénaire, illustrant la probité de la maison et, en outre, les capacités de vieillissement des meilleurs Alsaces.
Rigoureux, exigeant, Jean-Pierre Dirler a poursuivi dans la voie de son aïeul gourmet. Depuis peu, son fils Jean-Pierre s’est joint à son père, lui-même accompagné de son épouse Ludivine ; elle-même fille de viticulteur à Guebwiller (la famille Cadé). Le Domaine a donc pris le nom de Dirler-Cadé. Ce dernier s’est, à cette occasion, agrandi avec d’ailleurs quelques vignes sur le fameux terroir Kitterlé. Le vignoble couvre environ 12 ha, dont 50% sont classés en grand cru, sur les terrains de grès érodé, riches en acide phosphorique, de Guebwiller et de Bergholtz. Gewurztraminer, riesling et pinot noir y jouent les premiers rôles. Les grands crus de la propriété se composent de Spiegel sur Bergholtz (1,4 ha, majorité de gewurztraminer, riesling et muscat), Saering (1 hectare, riesling, gewurztraminer et muscat, ces deux derniers plantés dans la partie calcaire du cru), Kessler (40 ares, sylvaner et surtout riesling) sur Guebwiller et le Kitterlé. Sur le Kessler, Jean-Pierre Dirler possède ses vignes au lieu-dit Heisse Wanne, qui se situe dans un repli particulièrement protégé du coteau et passe pour le meilleur secteur du Kessler. Il faut ajouter deux lieux-dits spécifiques : le Schwarzberg, terroir argilo-silicieux entourant le Spiegel, à cheval sur Bergholtz et Bergholtz-Zell (pinot gris), et le Bux, qui prolonge le Schwarzberg sur le finage de Guebwiller (gewurztraminer).
Les vignes ont un âge moyen de 25 ans. Avant replantation, elles font systématiquement l’objet d’une analyse de sol, destinée à un amendement initial en principe unique. Les labours sont réguliers : déchaussage des pieds après l’attachage, puis griffage jusqu’en juin, avant les premiers rognages. Récoltant sur terrains très filtrants, Jean-Pierre Dirler ne pratique pas l’enherbement, de crainte de sécheresse, mais ne dédaigne pas une petite pousse d’herbe sauvage. Ses rangs respectent l’écartement traditionnel (entre-rangs de 1,45 m à 1,60 m) et les traitements sont doux (cuivre, insecticides biologiques…). Le Domaine est passé en biodynamie depuis le millésime 98.
Récolté à la main, le raisin parvient en grains entiers, par tapis élévateur, au pressurage, assuré principalement sur pneumatique (Bücher). Les vinifications sont opérées en cave souterraine, pour moitié en foudres de chêne, pour moitié en cuverie inox, sous contrôle des températures : chaque parcelle est vinifiée à part, et tous les grands vins fermentent sous le bois. Le pinot noir est éraflé et vinifié en cuve Vinimatic (fermentations d’environ 6 jours) ; une partie est élevée en barriques (renouvellement des fûts sur 3 ans), dans un local climatisé. Les vins font leurs précipitations tartriques grâce au froid naturel, sont clarifiés sur kieselguhr et sur plaques, et sont embouteillés avant le plein été, en leur laissant au besoin une pointe de gaz carbonique, garante de fraîcheur pour une consommation rapprochée. La cave de stockage des bouteilles (en palette) est climatisée.
Concession à l’époque et seul élément somptuaire au milieu de ces installations simplement fonctionnelles : un superbe caveau de dégustation, vêtu de bois blond avec niches et colonnettes, décoré du portrait de l’arrière-grand-père et d’un grand panneau de bois incrusté, aux lettres triomphantes du Spiegel. Un lieu dû à l’imagination de Pierre von Werlhof, et tout à fait propice aux confrontations de flacons.
Jean-Pierre Dirler produits des vins secs, d’un genre sérieux, sans facilité ni mièvrerie, spéculant plutôt sur la finesse et l’élégance.

Extrait de « Le grand livre des Vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni-Solar.

Les terroirs

Le Spiegel

Grand cru classé en 1983. Superficie : 18 hectares. Exposition : Est. A cheval sur Bergholtz et Guebwiller, le Spiegel occupe, entre 260 et 315 mètres, le milieu du coteau qui s’élève à l’ouest du village. Il est composé de sols sablonneux à sablo-argileux, recouvrant un substrat marno-gréseux (Oligocène, Trias). Une pente régulière, une exposition au levant, de bonnes qualités hydriques, jointes à de légères variations pédologiques, font de ce cru un terroir apte à l’épanouissement des quatre grands cépages. Le Gewurztraminer semble y montrer une race particulière.

Extrait de « Le grand livre des vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni-Solar.

Le Saering

Au Nord-Est de Guebwiller, contigu au Kitterlé, le Saering se tourne vers l’Est et le Sud-Est, à une altitude de 260 à 300 m.
Recouvrant des formations oligocènes d’âge latdorfien composées de conglomérats à galets gréseux du Buntsandstein et de marnes interstratifiées, le terroir révèle un sous-sol calcaire pouvant occasionnellement affleurer. Le sol présente, dans son ensemble, une texture assez lourde, marno-sableuse, abondamment pourvue de cailloutis.
La nature même du sol donne la priorité à la culture du Riesling, sur ce vignoble de 26,75 ha. On y trouve aussi Muscat, Gewurztraminer, Tokay, Pinot noir de grande qualité.
Le Saering fut mentionné pour la première fois en 1250. Ce coteau bénéficie d’une commercialisation sous son propre nom depuis 1830.

Extrait de « Guide des Grands Crus d’Alsace »-CIVA.

2) Domaine SCHUELLER et FILS

Sans faire de bruit, les Schueller d’Husseren-les-Châteaux (ne pas confaondre avec les innombrables Schueller d’autres villages) se sont haussés au premier rang des viticulteurs alsaciens avec des vins d’un charme et d’une générosité inoubliables.
Chez les Schueller, on ne badine pas avec les concentrations : la viticulture est exemplaire et les élevages ne recherchent pas la facilité. Sous une modestie toute paysanne, au sens noble du terme, Gérard et Bruno Schueller n’hésitent pas à déguster les plus grands vins et à les disséquer pour se forger un idéal du grand vin. A partir d’un standard élevé, ils passent en revue chaque détail avec une conscience qui les honore. A l’arrivée, les vins ont une étonnante densité avec une fidélité du terroir qui transcende l’Eichberg, le Pfersigberg ou le Bildstoecklé.

Extrait de « Vins et Domaines, le classement 1996 » et « Le classement 2001 des Vins et Domaines »-Bettane & Desseauve.

Le terroir : L’Eichberg

Grand cru classé en 1983. Superficie : 58 hectares. Exposition : Sud-Est. Ancien fournisseur de la proche abbaye de Marbach, l’Eichberg déploie ses vignes depuis le bourg jusqu’à la limite communale avec Husseren-les-Châteaux, dessous la petite route qui relie les deux villages. La pente est moyenne, et le coteau (200 à 300 mètres d’altitude) bénéficie de précipitations particulièrement faibles, même pour le secteur de Colmar. Le vignoble est scindé en deux grandes pièces, de part et d’autre d’un thalweg. Les sols sont plutôt argileux et très caillouteux. Leur substrat est formé de conglomérats calcaires et de marnes de l’Oligocène, incluant des galets gréseux et granitiques. Les vins de l’Eichberg – tous cépages confondus – se montrent charpentés, équilibrés, avec une note de terroir bien personnelle.

Extrait de « Le grand livre des vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni-Solar.

3) Domaine René MURE

Montant altièrement la garde du carrefour de la Vallée Noble et de la plaine d’Alsace, le Clos Saint-Landelin est un haut lieu de vignoble. Il se confond aujourd’hui avec la famille Muré, sa dévouée propriétaire depuis l’avant guerre.
Spectaculairement étagé en terrasses, ses flancs étant corsetés par des murs de pierre sèche, ce clos exceptionnel tire son invocation du pieux Landelin, moine irlandais, qui vint au VIIe siècle évangéliser les proches rives du Rhin. Mort en martyr, ce dernier se vit dédier un couvent au siècle suivant, à l’initiative de l’évêque de Strasbourg Heddon, seigneur de la région. L’établissement fut richement doté, notamment avec les meilleures vignes de Rouffach, qui contribuèrent à ce qu’on appela le praedium sancti Landelini, le « bien de saint Landelin ».
Disloqué à la révolution, le Clos Saint-landelin fut remis en valeur après 1870, en devenant le vignoble d’application de l’école d’agriculture de Rouffach, créée sous l’administration allemande. Placé sous séquestre après 1918, il connut ensuite deux propriétaires avant d’être acquis, en 1935, par Alfred Muré, héritier d’une lignée de vignerons installés à Rouffach depuis le XVIIe siècle. Son fils, Oscar Muré, une haute figure du vignoble, puis aujourd’hui son petit-fils, l’amical René, lui ont succédé, animés de la même passion pour leur superbe clos.
D’une superficie de 16 hectares, le Clos Saint-Landelin constitue l’épine dorsale du domaine Muré. Bâti en promontoire à l’extrémité méridionale du Vorbourg, il fait intégralement partie de ce grand cru. Son sol pauvre, calcaire et caillouteux, permettant un enracinement profond et une alimentation hydrique régulière, se prête aux petits rendements (45 hl/ha en moyenne). Son microclimat particulier le prédispose en outre aux récoltes botrytisées. Le clos est planté en gewurztraminer (6 hectares), riesling (5 hectares), pinot gris (2 hectares) et pinot noir (2 hectares) ; muscat, pinot blanc, sylvaner et chardonnay assurent le solde.
Le Domaine Muré comprend encore 5 hectares en « Côte de Rouffach »(gewurztraminer et riesling principalement) et détient 35 ares dans le grand cru voisin du Zinnkoepflé. A côté de sa propriété, René Muré exerce en tant que négociant, s’approvisionnant en raisins sur la Côte de Rouffach, pour l’équivalent d’une vingtaine d’hectares. Spécialiste du Crémant d’Alsace, la maison distille également, notamment des Marcs réputés. Une boutique de vins, installée au rez-de-chaussée de la célèbre Maison Pfister, à Colmar, complète cette activité fort diversifiée.

Extrait de « Le grand livre des vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni-Solar.

Le terroir : Le Vorbourg (dont fait parti le Clos Saint Landelin)

Grand cru classé en 1992. Superficie : 73 hectares. Exposition : Sud, Sud-Est. Le Vorbourg, occupant principalement le finage de Rouffach, se prolonge sur la commune de Westhalten, en suivant une longue ligne de côte, qui va des abords du château d’Isembourg – ancienne villa mérovingienne, devenue de nos jours un luxueux complexe hôtelier – jusqu’au prestigieux Clos Saint-Landelin, à l’entrée de la vallée de Soultzmatt. Ce dernier, étayé par un long réseau de murs, égayé par un abri à créneaux datant de 1893, jouit d’une orientation franchement méridionale, alors que le reste du coteau regarde plus directement le levant.
Globalement, le Vorbourg bénéficie d’un microclimat privilégié, grâce à la haute protection vosgienne (les deux ballons d’Alsace), à des précipitations très faibles (500 mm par an) et à un ensoleillement généreux. C’est un terroir précoce, où les gelées sont rarissimes, tandis que la pourriture noble se trouve favorisée par d’abondantes et fréquentes brumes matinales. Le sol est marno-calcaire, sur une base de conglomérats gréso-calcaires, que recouvre à l’aval une couche de limon loessique. Tous les cépages évoluent ici à leur aise. Riesling, pinot noir, Gewurztraminer, Tokay-Pinot gris et Muscat du Vorbourg sont des vins puissants et racés, aux arômes complexes, qui gagnent à vieillir longtemps.

Extrait de « Le grand livre des vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni.

4) Domaine Armand HURST

C’est à Turckheim en 1928 que Jean-Baptiste Hurst fondateur de la Maison, commença à acquérir petit à petit les premières parcelles de Vignes, point de départ de son aventure dans le monde du vin d’Alsace. Sa grande passion du vin le conduisit non seulement à cultiver son vignoble mais de surcroît à vinifier, assembler lui-même ses Cuvées et enfin à les commercialiser directement auprès d’une clientèle particulière. Il fut brillamment épaulé par son fils Auguste Hurst et aidé ensuite par Armand Hurst son petit-fils qui a repris l’entreprise familiale en 1989.
« Vignerons dans l’âme », et secondé par son épouse, une importante construction a été réalisée en 1991. Les foudres de chêne ont été démontées et remontées avec l’aide du tonnelier, les bureaux, celliers, caves, pressoirs sont sur place. Aujourd’hui, la structure est restée familiale et Armand Hurst préfère poursuivre une expansion raisonnée et maîtrisée en harmonie avec la nature, facteur prépondérant dont nous sommes avant tout tributaires.

Extrait de la documentation du Domaine Hurst.

Le terroir : le Brand

A la sortie de la vallée de Munster surplombant la ville de Turckeim, ce lieu-dit jouit d’un remarquable ensoleillement par son exposition Sud et Sud-Est. Il s’élève jusqu’à une altitude de
343 m. Reposant sur un substrat de granite dit de Turckeim, à deux micas, altéré en arène, il offre un sol sableux et grossier.
La nature granitique très homogène et l’excellente exposition du terroir avantagent grandement le Riesling, le Tokay Pinot Gris et le Gewurztraminer, qui couvrent ici 57,95 ha.
Sur cette »Terre de Feu » où la légende veut que le soleil combattît un dragon, les célèbres vins de Turckheim, et le Brand en tête, s’entouraient d’une réputation incontestée dès le Moyen-Age. Et si le dragon fut contraint de se retirer dans une obscure caverne, le Brand brilla tout au long de l’histoire au firmament des grands crus d’Alsace.

Extrait de « Guide des Grands Crus d’Alsace »-CIVA.

5) Domaine Marcel DEISS

Bergheim est à équidistance du Nord et du Sud du vignoble, Bergheim est donc le cœur de l’Alsace viticole : difficile de rêver meilleure position pour le plus bouillonnant défenseur des terroirs alsaciens. Jean-Michel Deiss siège donc à Bergheim, à la tête d’un beau et grand vignoble, généreusement dispersé sur 20 kilomètres de coteaux à la ronde. Ce domaine, il le doit d’abord à la pugnacité de son grand-père, Marcel Deiss, militaire, qui le créa au retour de la dernière guerre, bien que sa famille – sans doute originaire du Palatinat – fût déjà installé à Bergheim depuis 1744. Avec l’aide de son fils André, ce dernier arrondit rapidement les 6 ares de son petit patrimoine initial, l’ouverture d’un restaurant aidant à financer les achats de vignes.
Fort aujourd’hui de 20 hectares, le domaine est depuis revenu à Jean-Michel Deiss et à son épouse Clarisse, tous deux animés par le même goût violent de la vigne. Formé à l’école de Beaune mais surtout à celle de Léonard Humbrecht, l’incisif Jean-Michel déborde en effet d’une énergie vitale pour convaincre quiconque de l’incontestable primauté du terroir dans la genèse d’un grand vin, et en conséquence de la non moins évidente supériorité des grands crus sur les autres vins. Et le visiteur de se laisser emporter par ce discours impérieux, dont une bonne dose de malice tempère heureusement l’incandescence, et d’adhérer sans résistance à ce fougueux plaidoyer pour les grands terroirs d’Alsace…
« Plus un vin est grand, c’est-à-dire produit dans des conditions restrictives, plus les caractères gustatifs liés au terroir prennent le pas sur la typicité liée aux cépages ou aux millésimes », affirme Jean-Michel Deiss. Cette forme d’adage peut servir de guide à la présentation des différents terroirs de son domaine.
Chez Jean-Michel Deiss, il faut accorder une mention spéciale au pinot noir du Burlenberg. De cet atelier coteau qui surplombe l’Altenberg ; il tire deux cuvées, l’une élaborée à partir de « jeunes » vignes (35 ans), l’autre à partir de vignes plantées en 1950, rendant souvent moins de 25 hl/ha. La première élevée en cuves, la deuxième en barriques. A l’avenir, le viticulteur souhaite élaboré qu’une seule cuvée. Celles-ci sont toujours d’un grand caractère (1990 première version, au ton grenat, aux odeurs de mûre, de cerise noire et de suie, à la bouche légèrement kirschée, longue, pleine et savoureuse, sur un support acide qui la soutient sans défaut).

Extrait de « Le Grand livre des Vins d’Alsace »-Michel Mastrojanni-Solar.

Le terroir : le Burlenberg

Terroir calcaire silicifié à entroques, proche de ceux qu’on trouve en Côtes de Nuits (Clos de Bèze – calcaire à entroques du Bajocien inférieur) ; ce calcaire très dur a donné un sol calcaire dégradé, jaune sale, peu épais, léger, sans argile, peu fertile, limité pour l’eau, et riche en cailloutis calcaires et éboulis granitique. Ce sol accueille magnifiquement le Pinot Noir auquel il confère une couleur marquée, une qualité de tanins, une certaine virilité et une grande aptitude à la garde.

6) Domaine HUGEL

La maison de négoce Hugel est une vieille dame qui a dépassé les trois siècles et demi d’âge, mais elle est toujours vive à l’image du médiatique Jean Hugel, fin dégustateur, conférencier hors pair doté d’une force de caractère peu commune. Il y a près d’une vingtaine d’années, il avait réussi l’accouchement difficile des textes sur les vendanges tardives et les sélections de grains nobles qui restent des références absolues dans le monde des moelleux et liquoreux. Si les commandes de la maison sont logiquement passées aux mains de la génération suivante, Marc le vinificateur et Etienne le globe-trotter, pas une décision importante en matière de vin n’est prise sans son consentement. Ce retraité – mais est-ce le mot qui convient ?- veille avec un soin jaloux aux vendanges tardives et sélections de grains nobles dont il est le gardien du temple incontesté. Très proches des vendanges tardives par leur maturité, mais nettement plus accessibles, les cuvées Jubilée représentent un must dans le haut de gamme et elles seront recherchées par les amateurs de grands vins d’Alsace, d’autant qu’elles proviennent toujours de terroirs prestigieux, même si ce n’est pas indiqué sur la bouteille. Les cuvées moins prestigieuses avaient subi un passage difficile dans les années 1994, mais la maison a remis bon ordre et la gamme Tradition est maintenant impeccable.

Extrait de « Le classement 2001 des Vins et Domaines »-Bettane & Desseauve.

Le terroir : le Sporen

A 275 m d’altitude, le Sporen est un cirque naturel en pente douce orienté au Sud-Est. Il est formé de terrains argilo-marneux du Lias décalcifiés en surface, exceptionnellement riches en acide phosphorique, facteur de précocité, un signe de qualité. Ses terres profondes, à l’abri de la sécheresse en année de faible pluviomètrie, laissent les racines de la vigne explorer le sol à la recherche des oligo-éléments, facteurs de la complexité des vins.
Les vins du Sporen sont caractérisés par la finesse et la race, la richesse alliée à l’élégance. Ce sont de remarquables vins de garde.

Extrait de « Guide des Grands Crus d’Alsace »-CIVA.

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